Piétonne mortellement fauchée à Tours : il y a urgence à sécuriser nos ronds-points

Une marche blanche sera organisée ce samedi en mémoire de Marine. Début novembre, la jeune femme de 25 ans a perdu la vie alors qu’elle traversait le rond-point Saint-Sauveur à Tours. Face à la multiplication de ces accidents dramatiques, il est devenu urgent d’accorder davantage de place aux modes actifs en sécurisant ces aménagements routiers.

Marine Ethève avait 25 ans et était mère d’une petite fille de 4 ans. Dans la nuit du 6 au 7 novembre dernier, elle a été violemment percutée par une voiture au moment où elle empruntait avec un ami le passage piéton du rond-point Saint-Sauveur à Tours. Elle décédera quelques heures plus tard des suites de ses blessures. Le conducteur, en état d’ébriété au moment des faits, a pris la fuite, mais il sera rapidement identifié. Ses parents organisent une marche blanche en sa mémoire ce samedi 11 décembre entre la place de la Résistance et le giratoire où elle a perdu la vie. Le cortège s’élancera à 15h.

Au giratoire Saint-Sauveur, le “vivre ensemble” est parfois létal

Un secteur connu pour ses collisions mortelles

Cet accident s’inscrit dans la terrible lignée d’autres événements – parfois fatals – survenus au cours de ces dernières années. Le 13 mai 2018, une octogénaire perdait la vie au même endroit après avoir tenté de traverser sur un passage supposé être sécurisé. Le sous-préfet de l’époque parlait déjà « d’une victime de trop », mais force est de constater que rien n’a été fait entre temps pour qu’un tel drame ne se reproduise pas. La disparition de Marine en est la terrible preuve. L’année suivante, en 2019, c’était au tour de 3 automobilistes d’être blessés dans une spectaculaire collision.

Les feux tricolores, le terre-plein central et ses garde-corps ne suffisent pas à éviter des accidents mortels

Si le comportement des conducteurs responsables peut être pointé du doigt, la récurrence de ces collisions au même endroit met surtout en lumière un défaut d’aménagement flagrant. Les ronds-points ont activement contribué à fluidifier la circulation automobile, mais ils ne garantissent pas toujours la sécurité des piétons et des cyclistes qui les empruntent. Les habitués du giratoire Saint-Sauveur, au trafic intense, peuvent en témoigner. Du fait de la proximité de l’espace de vie sociale et d’une école élémentaire, de nombreux enfants traversent quotidiennement la 2×2 voies du boulevard Winston Churchill.

La protection des personnes les plus vulnérables : une priorité

Des solutions venues des pays scandinaves existent pourtant. Elles commencent à se développer en France et questionnent la hiérarchisation des modes de déplacement. Ce raisonnement est guidé par le bon sens : quels usagers nécessitent le plus de force physique pour s’arrêter puis redémarrer ? Qui sont les plus vulnérables ? Dans tous les cas, il s’agit des utilisateurs des modes actifs. Or ils doivent systématiquement céder la priorité aux véhicules motorisés. Ce système mène à des conflits d’usages ubuesques : que devient le cycliste qui, au sortir d’une piste cyclable, doit traverser la chaussée sur un passage piéton ? Il s’agit pourtant d’une situation qui se présente quotidiennement à des milliers de cyclistes tourangeaux. Les piétons ne sont guère mieux lotis.

En réponse à cela, les ronds-points dits « à la hollandaise » viennent sécuriser l’ensemble des usagers de la route en ralentissant la circulation automobile aux entrées et aux sorties du giratoire. Cette inversion des priorités oblige les automobilistes à  respecter un arrêt ou un céder le passage avant la traversée. Afin d’optimiser l’efficacité d’un tel dispositif, un marquage au sol coloré et la création de ralentisseurs sont incontournables. Cet aménagement est déjà généralisé aux Pays-Bas depuis de nombreuses années. Il commence tout juste à faire son apparition en France, dans des communes comme Pantin ou encore Rennes.

Le rond-point à la hollandaise s’exporte au-delà des Pays-Bas, ici à Cambridge en Grande-Bretagne

L’urgence de transformer Saint-Sauveur en un rond-point à la hollandaise

Puisqu’une solution viable existe, nous pouvons qu’espère que Tours et sa Métropole rejoignent ces villes pionnières en requalifiant dans les plus brefs délais le rond-point Saint-Sauveur en giratoire à la hollandaise, au risque de voir se reproduire de nouveaux accidents mortels dans les années à venir. Il est ici question de vies humaines. Une inaction serait incompréhensible. Cette action forte constituerait une première étape d’une sécurisation à plus grande échelle des giratoires tourangeaux les plus dangereux : avenue de Pont-Cher, rue des Tanneurs, des Français Libres et de l’Alouette.

La requalification du rond-point Saint-Sauveur ouvrirait la voie au déploiement des nouveaux aménagements dans d’autres secteurs de Tours