Ligne B : le boulevard Jean Royer adopté à l’unanimité par les maires de la Métropole

Le projet de la 2e ligne de tramway est relancé. Les élus métropolitains se sont réunis ce lundi soir à l’occasion d’une conférence des maires. Ils ont voté à l’unanimité l’abandon du passage par le boulevard Béranger au profit du boulevard Jean Royer. Afin d’éviter une inutile correspondance, une 3e ligne doit dès à présent être pensée. Des économies sont aussi à réaliser. Explications.

La fumée blanche est arrivée de Tours Métropole Val de Loire ce lundi soir. Alors que les 22 maires se réunissaient en conférence, ils se sont prononcés à l’unanimité pour une modification du tracé de la deuxième ligne de tram. Exit le boulevard Béranger, place désormais au boulevard Jean Royer. La nouvelle a été annoncée par les maires des 4 communes concernées : Emmanuel Denis (Tours), Wilfried Schwartz (La Riche), Frédéric Augis (Joué-lès-Tours) et Christian Gatard (Chambray-lès-Tours). Cette décision devra être bientôt validée par l’ensemble des conseillers métropolitains.

Le passage du tramway par le boulevard Jean Royer tel que projeté en 2018

Les dernières analyses racinaires menées sur le mail Béranger et le courrier de la Préfète ont donc enterré toute possibilité pour le tramway d’emprunter cette artère. Si seul le tronçon reliant Tours à Chambray-lès-Tours avait dû être réalisé, l’ensemble du processus de consultation publique serait à reprendre. Nous serions revenus au stade de 2018, soit avec près de 4 ans de retard.

Si le scénario du boulevard Jean Royer ne vous est pas totalement inconnu, c’est sans doute parce qu’il avait été soumis dans le cadre de la concertation sous la forme d’une variante. Nul besoin de repartir de zéro donc. Selon le bilan du garant, les avis exprimés à l’époque étaient très serrés. 178 participants défendaient le boulevard Béranger et 170 un tracé par le boulevard Jean Royer. Les projections de fréquentation n’étaient pas plus éloignées. On s’attendait à 39 1000 voyages par jour par l’hypercentre et à 35 860 voyages par jour pour l’option sud. Des données qui ne tiennent pas compte du potentiel conséquent de renouvellement urbain dans le quartier Lakanal-Strasbourg, ce qui n’est pas le cas du secteur sauvegardé.

Le boulevard Jean Royer possède une largeur moyenne de 14,5 mètres

Un tracé plus économique, mais à l’insertion délicate

En toute logique, le choix du boulevard Jean Royer devrait générer quelques économies. 2,2 kilomètres de rails ne seront plus à poser et aucun procédé d’alimentation par le sol – toujours très coûteux – ne sera exigé en dehors du centre historique. La succession de virages serrés entre Saint-Eloi et le futur quartier des casernes Beaumont-Chauveau sera remplacée par une ligne droite de 1,6 kilomètre qui ne pourra qu’améliorer nettement la rapidité et le confort du service. Sur les 22 stations initialement annoncées, une ne sera plus à construire.

Cette variante n’est cependant pas sans comporter son lot de défis. Malgré une largeur moyenne de 14,5 mètres de façade à façade, l’enchaînement des sorties de garage complexifiera l’insertion du tramway sur le boulevard Jean Royer. Un passage sur la voirie nord serait à privilégier entre les casernes Beaumont-Chauveau et la place Strasbourg, puis un basculement sur la partie sud semble tout indiqué jusqu’à la place de la Liberté. Cette dernière est par ailleurs appelée à devenir un lieu central d’intermodalité.

Des opérations de renouvellement urbain sont déjà en cours le long du boulevard Jean Royer

Une 3e ligne pour relier Tours à La Riche sans correspondance

Espérons que l’abandon du boulevard Béranger ne signifiera pas pour autant qu’il sera nécessaire de changer de tramway pour rejoindre le centre-ville de Tours depuis La Riche. La fameuse “rupture de charge” doit être évitée à tout prix. Bonne nouvelle, cela est techniquement possible. En effet, une fois les 2 lignes construites, nous disposerons d’un réseau constitué de 4 branches irriguant Tours Nord, Joué-lès-Tours, La Riche et Chambray-lès-Tours. L’ensemble de l’infrastructure étant en place, il semble impératif d’offrir un service sans correspondance entre le terminus de Vaucanson et La Riche. En réalité, il s’agirait d’une troisième ligne qui ne nécessiterait pas la construction de nouvelles voies. Cette stratégie a déjà été adoptée par la ville d’Angers qui s’apprête à inaugurer 2 nouvelles lignes l’année prochaine. Le potentiel d’une liaison directe allant de La Riche à Joué-lès-Tours mériterait également d’être étudié.

Cette troisième – voire cette quatrième – ligne garantirait des passages à des fréquences plus soutenues, mais nécessiterait l’achat de rames supplémentaires. Pour les financer sans alourdir davantage l’enveloppe du projet déjà conséquente, des économies sont à rechercher.

Des économies à aller chercher du côté de Chambray-lès-Tours

En ce sens, la pertinence des 2,5 derniers kilomètres entre l’hôpital Trousseau et le terminus chambraisien de La Papoterie doit être à nouveau questionnée. Les abords de ce tronçon estimé à environ 80 millions d’euros sont majoritairement composés d’espaces boisés qui sont par définition faiblement peuplés. Rien ne parait justifier un mode de transport aussi lourd et structurant si ce n’est la réalisation d’un parking-relais dont la capacité a récemment été divisée par deux en raison de la présence d’une zone humide. Son objectif est d’encourager les déplacements automobiles en provenance de la vallée de l’Indre alors que 36 millions d’euros viennent pourtant d’être investis pour moderniser l’axe ferroviaire Tours-Loches.

La route de Loches entre l’hôpital Trousseau et La Papoterie est majoritairement bordée de bois

Plus surprenante encore, la desserte de l’enceinte hospitalière de Trousseau ne sera pas garantie puisque le tramway ne rentrera pas en son coeur. Une décision difficilement compréhensible lorsque l’on connait les difficultés de mobilité que connait une partie des visiteurs des établissements de santé. De plus, il prive Saint-Avertin de tout prolongement ultérieur. Le problème se pose de la même manière pour le site de Bretonneau et ce, quelle que soit la configuration retenue. Autant dire que la relance de ce dossier est un signal positif qui doit aussi s’accompagner de son lot de remises en question afin que l’extension du réseau de tramway de Tours Métropole soit guidée par le bon sens et le pragmatisme.